Elle avait toujours eu la vie facile, la vie avait fait en sorte qu'elle ne souffre jamais ou alors très peu. C'était sûrement pour cette raison que je la haïssais.
« .Louis, je t'aime. », lorsqu'elle prononçait ces mots, je ne savais pas quoi lui répondre. Je la regardais, le regard vide, me forçais à sourire et partais. J'avais toujours détesté l'amour qu'elle pouvait me porter. Je n'avais jamais compris pourquoi elle m'aimait. En réalité, je n'aimais pas être aimée car cela me donnait l'impression d'être quelqu'un de bien. Et à ses yeux, je renonçais à être quelqu'un de bien.
Je me retenais depuis bien trop longtemps de lui faire du mal. J'ignorais pourquoi je l'épargnais. Elle était belle, intelligente, gentille, un vrai cadeau du ciel dont tout le monde rêvait. Elle était le rêve de certains, et peut-être le mien. Mais je le reniais. Au fond, peut-être que j'aurais aimé être comme elle, pourtant j'aimais être comme moi. J'enviais son bonheur, mais je n'enviais pas ce qu'elle était. Il était facile d'être comme elle. Tout lui avait été offert.
J'attendais le bon moment pour la détruire. J'aimais détruire tout ce qui était beau, tout ce qui était convoité. Je n'aimais pas ce qui était valorisé par de simples qualités telles que la beauté, la gentillesse et toutes ces choses qui me répugnaient. Je détestais ce que tout le monde voulait, et je détestais ces personnes qui rêvaient de tout cela.
J'étais remplie de haine. Les gens heureux me donnaient envie de vomir. A défaut de ne pas être malheureux, ils se créaient des problèmes.